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Ces Britanniques qui quittent leur île

By Jean-Pierre Langellier
20/02/2006

Plus de 350 000 Britanniques ont quitté leur île en 2005 pour jouir d'une vie meilleure

Par Jean-Pierre Langellier

Article extrait de "Le Monde" du 21.02.06

Pour beaucoup de peuples, notamment d'Europe centrale, le Royaume-Uni est un Eldorado où ils rêvent, sinon de s'installer, du moins de travailler et de vivre, en attendant un éventuel retour vers leur pays d'origine. Mais beaucoup de Britanniques font le rêve inverse, et sont de plus en plus nombreux à passer à l'acte.

Selon les derniers chiffres de l'Office national des statistiques, 359 500 personnes ont émigré du Royaume-Uni en 2005, soit une augmentation de 50 % en dix ans. Parmi ces émigrants, 60 % sont des citoyens britanniques. Il s'agit du chiffre le plus élevé jamais enregistré.

Les autorités s'inquiètent surtout du fait que le nombre d'émigrants pourvus d'une bonne qualification professionnelle a doublé en dix ans. Un rapport de la Banque mondiale, publié en 2005, indiquait qu'un diplômé sur six quitte la Grande-Bretagne. C'est la plus forte proportion parmi les pays occidentaux. La balance démographique du royaume reste toutefois nettement favorable puisque 582 000 étrangers y ont immigré, pendant la même période, avec l'intention d'y vivre au moins un an.

Selon un sondage Yougov, 54 % des Britanniques aimeraient prendre racine hors de leur terre natale. Leur émigration s'effectuait traditionnellement vers cinq grandes destinations : l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, l'Afrique du Sud et les Etats-Unis. Depuis une vingtaine d'années, la possibilité qui leur est offerte de travailler librement dans l'Union européenne en a incité un plus grand nombre à traverser la Manche. Aujourd'hui, l'Europe attire autant d'émigrants britanniques que les pays du Commonwealth.

Pourquoi les Britanniques tournent-ils le dos à leur île, en une période où l'économie nationale se porte bien et leur fournit un quasi plein emploi ? Trois sur quatre invoquent le désir de jouir d'une meilleure qualité de vie sous d'autres cieux. Ils assurent vouloir fuir, pêle-mêle, la cherté de la vie, la flambée de la fiscalité, la criminalité, l'engorgement du réseau de transports, le manque d'espace dans leur logement et la tristesse du climat.

Dans un pays comme la Nouvelle-Zélande, les nouveaux arrivants ne sont pas forcément mieux payés qu'au Royaume-Uni mais ils peuvent mener, avec le même revenu, une vie beaucoup plus agréable.


Le différentiel de salaire joue nettement, en revanche, en faveur des Etats-Unis, où un jeune diplômé peut gagner jusqu'à deux fois plus que chez lui. "Nous avons du mal à retenir nos jeunes diplômés", reconnaît un professeur d'économie de l'université de Warwick.




VIVRE EN PLEIN AIR

D'autres motivations entrent en jeu, comme, dans le cas de l'Australie, l'envie de vivre en plein air, au plus près de la nature, où, dans le cas de l'Espagne et de la France, la possibilité d'acquérir un bien immobilier à un prix raisonnable, chose de plus en plus aléatoire en Grande-Bretagne. Ce choix concerne notamment les retraités ou futurs retraités.

Selon la banque Alliance and Leicester International, au cours des dix prochaines années, un Britannique sur huit a l'intention, au moment de sa retraite, de s'installer ailleurs. Oficiellement, plus de 600 000 familles ont déjà investi dans la pierre à l'étranger, un chiffre en forte progression annuelle (+ 14 %). Mais, selon les experts du secteur, ils seraient en réalité près de 2 millions à posséder un "sweet home" loin de leur île. L'Espagne reste leur terre d'accueil favorite, devant la France.

Une petite partie des émigrants s'en vont aussi parce qu'ils ne trouvent pas d'emploi dans leur profession. Exemple : des centaines de jeunes diplômés en médecine, victimes d'une mauvaise planification des besoins, cherchent en vain un poste correspondant à leur formation, alors même que le système de santé manque de bras. Ces médecins débutants émigrent, non pour mieux vivre, mais simplement pour commencer une carrière. Et nul ne sait si et quand ils reviendront.


Jean-Pierre Langellier

COMMENTS:

07/04/2011 - sylviemontgomery said :

De plus en plus l'Administration defavorise la race indigene et les etrangers sont gates. Il y en a entr'eux, certains qui croient que le "Race Relations Act" existe pour eux d'utiliser contre les blancs. Ils disent: en Angleterre, c'est nous les etrangers les premiers! Ils insistent sur le Burkha; on sait pas qui c'est!

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