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Politique/Economie

L'influence de la France en Europe: Peut-on encore y croire?

By Adrienne Benassy
04/05/2013

La visite en famille du Premier ministre britannique à la chancelière allemande, excluant ouvertement le Président français, le prouve : une entente David Cameron-Angela Merkel émerge en Europe au détriment du couple franco-allemand. Et les propos germanophobes tenus par certains membres du PS ces derniers jours, ne pourront qu’inciter Mme Merkel  à changer de partenaire stratégique. Est-ce le signe d’une perte d’influence de la France en Europe ?

Dans un texte présenté le vendredi 26 avril devant la commission chargée de préparer la convention du PS sur l’Europe le 16 juin, certains membres du parti ont de nouveau attaqué l’Europe de la rigueur : « Le projet communautaire est aujourd’hui meurtri par une alliance de circonstance entre les accents thatchériens de l’actuel premier ministre britannique – qui ne conçoit l’Europe qu’à la carte et au rabais -  et l’intransigeance égoïste de la chancelière Merkel – qui ne songe à rien d’autre qu’à l’épargne des déposants outre-Rhin, à la balance commerciale enregistrée par Berlin et à son avenir électoral ».

François Hollande
François Hollande

Suite à ces propos virulents contre la chancelière, Claude Bartelone, président de l’Assemblée nationale abonde dans la critique et surenchérit en appelant à une « confrontation » directe avec l’Allemagne. Si le gouvernement, sous la houlette de Jean-Marc Ayrault, s’est empressé de calmer ces relents germanophobes, la voix de François Hollande ne s’est, en revanche, pas faite entendre. Ce silence, signe d’une acceptation tacite de l’offensive anti-Merkel, annoncerait un divorce définitif de la France et de son voisin outre-Rhin. Perdant d’un bras de fer musclé avec la chancelière allemande, le président français, défenseur de la relance contre une Allemagne chantre de la rigueur, semble faire le choix risqué de la germanophobie pour regagner la confiance de son électorat.

Angela Merkel et Peer Steinbrück
Angela Merkel et Peer Steinbrück

Sa côte de popularité est à un niveau historiquement bas (26% selon le baromètre effectué par Opinion Way début avril) et, en se radicalisant vis-à-vis de Berlin, François Hollande pourrait récupérer l’estime d’une part de la gauche (extrême). Taper du poing contre la rigueur anglo-saxonne lui permet de revenir  à une de ses promesses initiales : se démarquer  de l’alliance « Merkozy » (entre Angela Merkel et l’ancien président Nicolas Sarkozy). Pourtant cette stratégie pourrait s’avérer être un très mauvais pari. Depuis qu’il a apporté son soutien à Peer Steinbrück, le candidat SPD aux élections allemandes en septembre, Angela Merkel le soupçonne miser sur la victoire de son rival. Certes, ce fut un échange de bons procédés puisqu’Angela Merkel avait soutenu Nicolas Sarkozy lors des élections présidentielles de 2012, mais, dans le cas d’une réélection de la chancelière chrétienne démocrate, François Hollande pourrait se retrouver d’autant plus isolé. Déjà, malgré les poignées de main cordiales et une entente formelle, les relations entre la France et l’Allemagne, qui si chèrement consolidées depuis plus de cinquante ans, s’essoufflent, voire se paralysent.

François Mitterrand et Helmut Kohl
François Mitterrand et Helmut Kohl

Depuis le 9 mai 1950, lorsque Robert Schuman, ministre des affaires étrangères français, proposait de « placer l’ensemble de la production franco-allemande de charbon et d’acier sous une haute autorité commune » les dirigeants de chaque côté du Rhin ont fait du couple franco-allemand le moteur de l’Europe. En 1963, Charles De Gaulle et Konrad Adenauer signaient le traité de l’Elysée, officialisant la coopération des deux pays en matière de défense, de politique étrangère et d’économie. Valery Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt ont commémoré ensemble les 70 ans de la guerre 14-18 tandis que l’image où François Mitterrand et Helmut Kohl se tenant la main sur le champ de bataille de Verdun (1917) en septembre 1984, demeure un des symboles les plus marquants de la réconciliation franco-allemande. Après le foisonnement des commémorations, la politique monétaire commune a maintenu le moteur en marche grâce à Gerhard Schröder et à Jacques Chirac, qui ont été les acteurs du lancement de l’euro en 1999.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel

Sous la présidence de Nicolas Sarkozy (2007-2012), les relations franco-allemandes, après moult tâtonnements et malgré quelques ratés ont finalement trouver une voix commune, le couple « Merkozy », uni autour d’un Etat discret, d’une politique salariale mesurée, une politique budgétaire stricte et une lutte contre l’inflation. Aujourd’hui, alors que François Hollande va souffler les premières bougies de son quinquennat le 6 mai 2013, le couple « Merkhollande » (Angela Merkel et François Hollande) est loin d’être forgé, voire même mort-né. La chancelière allemande, préfère en effet aux contestations françaises son allié conservateur, la Grande Bretagne, malgré leurs divergences quant à l’avenir de l’Europe.

 

David Cameron and Angela Merkel
David Cameron and Angela Merkel

Au moment même où le premier ministre britannique, David Cameron, exige des rabais et des renégociations des traités européens, Angela Merkel se rapproche paradoxalement du Royaume Uni alors qu’elle plaide pour une Europe plus intégrée. Les deux dirigeants s’accordent pourtant en un point, et pas des moindres : imposer la rigueur en Europe et mettre tous les autres pays membres au pas de leurs réformes structurelles. Leur week-end en famille, à la mi-avril, au château de Meseberg, résidence officielle du gouvernement fédéral allemand, est bien le signe d’une nouvelle entente entre les deux dirigeants. Au menu de cette rencontre, la préparation du conseil européen du mois prochain et celle du G8 que doit présider le Royaume-Uni. Les deux chefs de gouvernement n’ont pas manqué d’évoquer les questions économiques et politiques qui secouent l’Europe. Angela Merkel souhaite faire tendre son allié vers une attitude plus europhile alors qu’elle s’était dite « prête à discuter » avec David Cameron après qu’il ait annoncé sa volonté d’organisation un référendum sur la sortie de son pays de l’Union Européenne avant 2017. Parmi les grands absents de cette lune de miel : François Hollande. Cet isolement de la France pourrait aussi coûter cher à l’Europe, puisque Angela Merkel ne pourra pas mener de front l’intégration nécessaire à la formation d’une Europe compétitive et forte à l’échelle mondiale.

 

The Economist - France in denial
The Economist - France in denial

Faute de peser sur son traditionnel allié Allemand,  la France aurait pu miser sur son voisin outre-Manche, avec qui il entretient depuis toujours une relation d’amour et de haine. Mais, dès l’élection du chef de file du PS, David Cameron lançait une offensive directe au président de la République et annonçait qu’il « déroulerait le tapis rouge » aux Français qui souhaiteraient fuir le matraquage fiscal prévu par le gouvernement socialiste. Ponctuées par des unes de The Economist de plus en plus virulentes à l’égard d’une France « dans le déni », les relations franco-britanniques n’ont cessé de s’empirer jusqu’à ce que Hollande néglige David Cameron lors d’un sommet européen. En février 2013, alors que les 27 préparaient un compromis sur un budget d’austérité, François Hollande a décliné un rendez-vous de conciliation avec le premier ministre britannique, sous couvert d’un agenda trop serré. Au même moment, le chef d’Etat français s’entretenait avec l’Italien Mario Monti et l’Espagnol Mariano Rajoy, un choix stratégique douteux à la vue de la situation économique de ces deux pays.  

 

Le positionnement de la France comme porte parole des maux des pays du Sud de l’Europe contre le nouveau couple germano-britannique, pourrait, malgré la légitimité de leurs requêtes, sonner le glas de la puissance française en Europe. Le dernier rapport du ministère de l’Economie allemand, qui lui aussi craint un isolement de Mme Merkel face à la résistance du Sud de l’Europe, envisage d’ailleurs la France comme le prochain « homme malade de l’Europe ». 

Mariano Rajoy - François Hollande - Mario Monti - Angela Merkel
Mariano Rajoy - François Hollande - Mario Monti - Angela Merkel

À ce propos, l’ancien premier ministre UMP et actuel maire de Bordeaux, Alain Juppé condamne, dans une interview au journal Le Monde, l’attitude de François Hollande qui a vécu « avec ce fantasme qu’il pourrait s’appuyer sur Mario Monti pour faire céder Angela Merkel. On voit le résultat : la confiance avec l’Allemagne est rompue et nous perdu tout crédit pour engager un dialogue musclé avec elle. La France est totalement isolée et le président de la République se retrouve dans une situation très délicate. Il doit réduire les déficits sans avoir la croissance pour l’y aider et sans pouvoir augmenter davantage les impôts. Il ne peut le faire qu’en diminuant les dépenses publiques, ce qui est extraordinairement difficile : 60 milliards d’euros à trouver sur cinq ans, cela veut dire réformer en profondeur l’Etat, moduler les allocations familiales, cesser de mentir aux Français sur l’âge de la retraite, toucher aux indemnités chômage, à l’assurance-maladie. »

Au-delà de son isolement sur la scène européenne, la France, depuis l’Allemagne ou le Royaume-Uni, est en chute libre. Son économie s'écroule sans voir le bout du tunnel, le chômage explose, le pays est plus divisé que jamais et la classe politique souffre d’un discrédit engagé par le scandale de l’affaire Cahuzac. Face à cette situation critique, qualifiée de « prérévolutionnaire » par certains, l’intempérance de François Hollande provoque des réactions épidermiques de tous les bords politiques. Les crispations et la radicalisation des Français, notamment visibles durant les manifestations contre le mariage pour tous, sont la preuve d’une crise profonde, économique mais surtout sociale. Une bombe à retardement ? Si l’émotion continue à prendre le dessus sur la réflexion autour d’un avenir commun, qui sait ce qui pourrait arriver?

COMMENTAIRES:

05/05/2013 - lvab33 a dit :

Oh dear!

But Vive laFrance.

No one can take away her inherited assest
or the skill of her people

05/05/2013 - p.cadier a dit :

"There are no friends in international Politics, only National Interests." Within the EU Germany is the richest, most disciplined, best organised, most efficient competitor. Get used to it.

The old French saying that the purpose of the EU is to facilitate an European Germany rather than a German Europe, was torpedoed by Francois Mitterrand.

His insistence on abolishing the successful D-Mark in favour of the Euro achieved the exact opposite of 50 years of Franco/German policy. All the economists who predicted this perverse outcome have been hounded out of France and now work in London. London - the only EU capital with a legal opt out of the continent's current catastrophe. Ironically, the only person who understood this at Maastricht was John Major, a banker, and not Dr Kohl, an historian, or Mitterand who never had a job outside politics. @PaulHenriCadier

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