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Charlie Hebdo's latest edition
Politique/Economie

"Je suis Charlie." Et maintenant?

By Marie Decreme
15/01/2015

Le 11 janvier 2015 sera dans les livres d’Histoire. Quatre millions de personnes sont descendues dans les rues en France - un nombre jamais connu depuis la Libération en 1944 - pour défendre la liberté d’expression, pour rendre hommage aux victimes des attentats de Paris, pour dire non au terrorisme. On a vu « une ville entière, représentant un pays, un continent, le monde libre dire : ‘Ça suffit’ » (Corriere della Sera). On a vu des « Charlie », des « policiers », des « juifs », des « musulmans » répondre aux attaques des derniers jours par une incroyable démonstration d’unité. En manifestant par millions, les Français ont écrit l’Histoire. « Non plus jamais ça, vous ne toucherez plus à notre liberté » : après l’horreur, l’émotion, les hommages, ils ont écrit leur aspiration à la liberté, à l’égalité, à la fraternité. Mais cette forme de résilience de la société française a-t-elle un avenir ou n’est-elle qu’une parenthèse dans un pays endeuillé ? Quels sont les défis de l’« après Charlie » ?

« Vous allez finir par vous aimer les uns les autres, b**del de m**de ? »

Il est là le nouveau défi de la France : reconstruire la société sur un socle d’unité nationale que les manifestations des jours passés ont ravivé. « Je ne veux pas qu'il y ait des juifs qui aient peur et des musulmans qui aient honte dans notre République », a exprimé le Premier ministre Manuel Valls devant l’Assemblée. L’Islam, deuxième religion de France, « a toute sa place en France », a-t-il ajouté. Si l’heure est au rassemblement, les prochains mois doivent l’être aussi, à commencer par la condamnation des amalgames que certains dessinent entre Islam et extrémisme. « Arrêtez de déclencher des guerres, de brûler des mosquées ou des synagogues », a appelé un membre de la famille du policier Ahmed Merabet, tué lors de l’attaque contre Charlie Hebdo. Le message de l’« après Charlie » doit être un message de fraternité, à l’image de la dernière Une du journal satirique, que l’équipe a choisi de titrer « Tout est pardonné. »

Place de la République à Paris le 11 janvier 2015

Le « 11 septembre français »

« Oui, la France est en guerre contre le terrorisme, le djihadisme et l'islamisme radical (...) La France n'est pas en guerre contre une religion, la France n'est pas en guerre contre l'islam et les musulmans », a martelé Manuel Valls. Ce « 11 septembre français », comme on l’a désigné, a montré que la France était vulnérable face au terrorisme. Elle est confrontée, comme énormément de pays occidentaux, au retour de centaines voire de milliers de djihadistes. Et face à cette menace, des questions se posent sur le contrôle a priori et a posteriori des candidats au djihad. Comment les frères Kouachi et Amedy Coulibaly ont-ils pu passer sous les radars des services de renseignement ? Les crimes qu’ils ont commis nous font pousser un cri de colère, mais ils nous font aussi dire notre honte. Notre honte envers un Etat qui laisse des jeunes à la merci de manipulateurs dans les prisons, qui prive l’école de moyens, qui exclut des individus en les emmurant dans des sentines de banlieues. Ces hommes sont nés en France, ils ont grandi en France. Et ils sont convaincus d’avoir bien agi en assassinant des ambassadeurs de la liberté, des juifs, des policiers. Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment a-t-on pu laisser des élèves de la République devenir des tueurs ? C’est révoltant, c’est odieux, c’est triste.

Un manifestant à Bruxelles le 7 janvier 2015

« Faites l’humour, pas la guerre »

Face à l’inacceptable, le monde s’est rassemblé. Le temps d’une journée, les haches de guerre ont été enterrées, les agendas politiques oubliés. Plus de cinquante chefs d’Etat « étaient Charlie » à Paris, dimanche, et toute la classe politique française - enfin, presque toute - a défilé, soudée, pour défendre la liberté. Unis pour « envoyer un message le plus clair possible, celui de la liberté d’expression, celui de la détermination », a déclaré Boris Johnson, maire de Londres présent aux côtés des deux mille personnes réunies à Trafalgar Square le 11 janvier. Parce que c’est enfin ça, l’« après Charlie » ; c’est de protéger les valeurs de la République, de les faire vivre. Vous êtes Charlie, vous êtes éclairés face à l’obscurantisme. Et comme Cabu, Wolinski, Tignous, Charb, vous menez un combat libre et engagé contre les prédicateurs de la haine. « Le blasphème n’est pas dans notre droit ! » a scandé Manuel Valls à l’Assemblée. « La laïcité ! La laïcité ! La laïcité ! Voilà le cœur de la République. » Et peut-être alors la France retrouvera-t-elle son identité.

Le discours de Manuel Valls:

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