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Politique/Economie

Brexit, un tremblement de terre européen

By Manon Variol
28/06/2016

C'est donc vrai. Le Royaume-Uni va quitter l'Union Européenne. Une décision prise lors du référendum du 23 juin avec 51,9% des voix contre 48,9%. Un résultat qui aura des impacts considérables sur des millions de citoyens britanniques, mais aussi sur tout le continent européen. Un taux de participation record de 72,2% a été enregistré. Il faut dire que le sort d'un pays entier dépendait de ce vote, et il n'aura pas de deuxième chance.

La situation au 24 juin

Près de 60% de Londoniens ont voté pour "Remain", ainsi que 62% d'Ecossais et 55,7% d'Irlandais du Nord. Le petit territoire de Gibraltar, relié à l'Espagne, a voté pour le maintien dans l'UE à 95,9%. Et presque tout le reste du Royaume-Uni a décidé de rejeter l'Union Européenne.

Le Premier Ministre David Cameron a annoncé sa démission
Le Premier Ministre David Cameron
a annoncé sa démission

Quelques heures après l'annonce des résultats, le Royaume-Uni avait déjà changé. Le Premier ministre pro-UE David Cameron a annoncé la démission en octobre, après la conférence du parti conservateur. "Les négociations avec l'Union Européenne devront se faire avec un nouveau Premier ministre, et je pense qu'il est mieux que ce nouveau Premier ministre prenne la décision d'invoquer ou non l'article 50 [du Traité de Lisbonne] et ainsi commencer le processus légal de départ de l'UE", a-t-il dit le matin du 24 juin.

La livre a plongé à son niveau le plus bas depuis 1985. A 16 heures, le lendemain du référendum, le Sterling valait 1,22€. La Banque d'Angleterre a tenté de rassurer les marchés, et le gouverneur Mark Carney a annoncé que 250 milliards de livres allaient être débloqués. "Nous pouvons nous attendre à une instabilité économique sur certains marchés, et nous y sommes préparés," a affirmé Mark Carrey. "La Banque d'Angleterre n'hésitera pas à prendre des mesures supplémentaires en fonction des circonstances."

Le 24 juin, la livre a chuté à 1,22€
Le 24 juin, la livre a chuté à 1,22€

Comme le montrent les résultats, le Royaume-Uni est divisé en deux parts presque égales : les pro-UE et les anti-UE. Et l'impact du référendum ne divise pas seulement les citoyens, mais aussi tout un territoire. Une pétition demandant un second référendum a déjà atteint plus de 3,7 millions de signatures en trois jours. Après la décision en 2014 des Ecossais de rester dans le Royaume-Uni, ils pourraient demander un deuxième référendum d'indépendance, ce qui serait "fort probable" selon le Premier ministre Nicola Sturgeon. Le parti républicain Nord Irlandais demande une réunification de l'Irlande. Toutefois, le Premier ministre d'Irlande du Nord Arlene Foster a répondu qu'il n'y aurait pas de vote sur ce sujet. 

Quand le Royaume-Uni quittera-t-il définitivement l'UE ?

Le Royaume-Uni ne devrait pas quitter l'UE avant 2 ans
Le Royaume-Uni ne devrait pas
quitter l'UE avant 2 ans

Le Royaume-Uni ne devrait pas quitter l'UE avant 2018. L'article 50 du Traité de Lisbonne permet à un pays de quitter l'Union dans un délai de deux ans, à partir du moment où son gouvernement l'invoque. Pendant ces deux ans, le Royaume-Uni négociera les conditions de sortie avec l'UE. L'accord devra être adopté par la majorité qualifiée du Parlement européen et du Conseil européen. 

Si aucun accord n'est trouvé en 2018, le délai pourra être étendu à 2020. Et si rien n'est signé à ce moment-là, le pays quittera définitivement l'Union et devra négocier avec l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ses relations avec les pays membres de l'UE.

Si David Cameron ne veut pas invoquer l'article 50 pour l'instant, c'est parce que le Royaume-Uni veut savoir ce qu'il peut obtenir de l'UE avant de lancer le processus. Les parlementaires doivent maintenant organiser la politique britannique pour l'après UE, et le successeur de David Cameron pourra invoquer l'article 50 dès qu'il/elle estimera que le pays est prêt.

Quelles conséquences pour les expatriés ?

Près de 350.000 Français vivent au Royaume-Uni aujourd'hui, qui n'ont pas besoin de visa pour voyager et travailler dans un pays membre de l'UE. Mais cela pourrait changer avec le Brexit, même si rien n'est sûr pour l'instant. Le Royaume-Uni pourra choisir entre plusieurs scénarii. Soit il signe un accord spécial avec la France et d'autres pays européens, et négocie les conditions de travail et de voyage pour ceux qui veulent aller de l'autre côté de la Manche. Ce qui signifie que le gouvernement britannique pourrait choisir les pays avec lesquels il veut établir des relations privilégiées. Soit le Royaume-uni ferme ses frontières et exige des visas pour tous ceux qui souhaitent venir. Dans ce cas, les étrangers voulant travailler outre-Manche devront demander un permis de travail et une carte de résidence.

Des visas pourront être demandés pour les citoyens européens
Des visas pourront être demandés pour les citoyens européens

Une autre question se pose : qu'en sera-t-il de la couverture santé ? Sur 200.000 Britanniques vivant en France, 70.000 sont des retraités. Ils sont couverts par le NHS, grâce à un accord européen permettant aux expatriés européens de recevoir de l'aide dans leur pays d'accueil. Mais si les frontières venaient à se fermer, les Britanniques vivant à l'étranger devront payer une contribution financière pour être toujours couverts par le NHS. Evidemment, il en serait de même pour les Français vivant au Royaume-Uni.

Ce sont deux ans d'incertitudes qui commencent...

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