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Nicolas Sarkozy
Politique/Economie

La nouvelle Europe de Nicolas Sarkozy

By Quick Martin
06/07/2016

Les Français de Londres se sont réunis en masse mercredi 29 juin à la conférence des Républicains. En attendant l'invité de marque, des centaines - si ce n'est un millier - de personnes bavardent dans ce qui semble être une soirée tout à fait normale. Mais, derrière le grondement de la foule, derrière les tenues élégantes et ce cadre luxueux, le malaise est omniprésent. Ecoutez de plus près, le Brexit est au cœur de toutes les conversations. En effet, les Français de Londres vont devoir reconsidérer leur vie dans la capitale maintenant qu'une majorité d'électeurs britanniques a décidé de sortir leur pays de l'Union Européenne.

Une fois arrivé sur le podium, l'ancien président cherche à apaiser les inquiétudes du public. Tout d'abord, il clame qu'un gouvernement Les Républicains, si le parti l'emporte aux élections présidentielles de 2017, tendrait la main au Royaume-Uni pour sauver ce qui reste de leur relation si spéciale. Il présente ensuite sa vision d'une "nouvelle Europe", une UE refondée plus restreinte. Cette idée limiterait le projet à une union plus étroite, en réponse à l'inquiétude croissante des Européens sur l'ensemble du continent. 

Au premier regard, son mini-programme ranime les souvenirs d'un débat eurosceptique autour du Brexit. Sarkozy suggère de mettre fin à l'élargissement de l'UE ainsi qu'à son leadership bureaucratique en réformant l'espace Schengen et en accordant une plus grande souveraineté aux Parlements nationaux. Mais quand l'ancien président présente son projet, il est clair que l'Union Européenne d'aujourd'hui a atteint ses limites en terme du nombre d'Etats membres. La bulle pourrait bientôt d'éclater si aucune réforme n'est mise en place. L'argument de Nicolas Sarkozy est justifié : la sortie du Royaume-Uni de l'UE pourrait être la première de nombreuses atteintes à l'intégrité européenne, avec la montée en puissance des partis eurosceptiques dans d'autres pays. Si rien n'est fait pour répondre aux inquiétudes d'un "super-Etat Européen", l'Union pourrait totalement s'effriter. 

Mais tous ne sont pas convaincus par les suggestions de Nicolas Sarkozy ce soir-là. Et cela se ressent dans les questions du public : certains demandent si un élargissement de l'UE pourrait être une alternative et si réformer radicalement Schengen est la bonne chose à faire. L'ancien président répond, sur le même ton que pour le reste de son discours, que des frontières sont nécessaires et répète qu'un gouvernement LR n'autoriserait les prestations sociales qu'aux étrangers vivant en France depuis plus de cinq ans. 

Une autre question suggère de donner aux citoyens européens le droit de vote pour les élections présidentielles en France. Après avoir rappelé que les citoyens de l'UE pouvaient déjà participer aux élections locales, Sarkozy balaie l'idée selon laquelle ils pourraient aussi choisir le président français. Il ajoute ensuite que, bien qu'il se soit toujours senti européen, il est français avant tout. Une phrase emblématique de son discours. D'autres propositions sont bien reçues par le public, notamment celle de protéger l'UE des activités du Fonds Monétaire International, qui, à de multiples occasions, a accordé à la Grèce des fonds supplémentaires. Il suggère aussi la création d'un Fonds Monétaire européen, même si certains pourraient dire que le Fonds européen de stabilité financière fournit déjà cette aide financière pour les pays membres lourdement endettés. 

Sarkozy propose également que les lois et directives votées par le Parlement européen soient ratifiées par les Parlements nationaux avant d'être appliquées dans ces pays. Une proposition grandement appréciée qui pourrait apaiser les Etats européens, inquiets de perdre leur souveraineté.

Sarkozy's 5 proposals for a reformed EU
Les 5 propositions de N. Sarkozy pour une UE réformée

Mais en écoutant Sarkozy, il est impossible de ne pas se demander comment la plupart de ces réformes pourront être votées, puisque les négociations devront a priori se faire avec les 27 Etats membres ainsi que la Commission Européenne, la branche exécutive de l'UE. L'idée d'atténuer l'influence de l'UE au niveau national en limitant la bureaucratie de l'Union en est un exemple flagrant, car Sarkozy devra travailler précisément avec ces bureaucrates pour mettre en place la réforme.

Par ailleurs, l'ancien président affirme dans son discours qu'il prévoit de refonder l'UE avec l'Allemagne, mais Angela Merkel adhèrera-t-elle à la vision sarkozyste d'une nouvelle Europe ? La chancelière allemande a récemment annoncé qu'elle souhaitait une restauration de l'espace Schengen une fois que les pays auront rétabli la protection aux frontières, en pleine crise des réfugiés. Elle pourrait donc ne pas partager l'idée d'un Schengen II. 

Ces questions resteront en suspens au cours des années à venir. Ce soir-là, M. Sarkozy a eu la joie de recevoir une standing ovation à son arrivée et le soulagement d'une autre à son départ. Tout comme au début de la soirée, les membres du public bavardent en rejoignant la sortie. Ecoutez de plus près, nombre de ces conversations tournent toujours autour du Brexit, et ce à quoi pourrait ressembler l'avenir des Français de Londres.

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