MAGAZINE

Device converter



Weather

 

Annonces

Déposez une annonce sur ce site

Ajoutés récemment

articles > Culture events

Culture

Confidences Trop Intimes by Patrice Leconte

By Connell Patricia
07/06/2004

Un film de:
Patrice Leconte

Avec:
Sandrine Bonnaire et Fabrice Luchini
Michel Duchaussoy
Anne Brochet
Hélène Surgère
Gilbert Melki

pour voir la bande annonce du film en haure résolution
pour voir la bande annonce du film en moyenne résolution(Both require Quick Time - Si vous ne l'avez pas vous pouvez obtenir une version gratuite chez Apple)

L'histoire

Parce qu'elle s'est trompée de porte, Anna s'est retrouvée à confier ses déboires conjugaux à William Faber, un conseiller fiscal. Touché par sa détresse, troublé aussi, l'homme n'a pas eu le courage de lui dire qu'il n'était pas psy.
Au fil du temps, une étrange relation s'établie entre eux. William est à chaque fois ému par la jeune femme, et fasciné d'entendre ce qu'aucune femme ne livre jamais. Mais qui est donc Anna et est-elle vraiment dupe du jeu qui se joue?

Notre avis

C'est un vrai film Patrice Leconte: chaque caractère a son importance et au fil du temps, chacun d'eux se révèle. Sandrine Bonnaire et Fabrice Luchini sont superbes. Il se dégage un vrai suspens qui vous donne envie de découvrir qui est réellement cette femme. Est-elle folle? Vit-elle dans un monde imaginaire ou bien est-elle simplement heureuse? Jusqu'où Va-t-elle se confier à ce conseiller fiscal dont la seule excitation dans la vie est d'analyser les finances de ses clients? Pour une fois, William va pouvoir analyser la vie de cette femme et en même temps se détacher de son passé.
Des références sexuelles jalonnent le film sans jamais se montrer. Leconte vous laisse découvrir les personnages. Vous avez l'impression qu'il veut vous faire participer à l'histoire.

Chaudement recommandé à toute personne qui veut prendre part à un thriller sentimental.

Interview avec Patrice Leconte

Dites-nous comment est né le projet.

Les producteurs Alain Sarde et Christine Gozlan m'ont suggéré de lire un manuscrit de Jérôme Tonnerre. Les 30 pages de l'histoire m'ont enthousiasmé. J'ai pensé que j'avais dans les mains les bases d'un thriller sentimental. L'histoire commençait sur une erreur d'identité et se poursuivait sur un mystère et le désir. Cela m'a interpellé.

Quel passage du film vous intéresse-t-il plus spécialement?

C'est une rencontre inhabituelle qui est à la fois étonnante et intime. Les deux caractères se révèlent peu à peu. C'est surtout le cas d'Anna, le caractère interprété par Sandrine Bonnaire. J'aime le fait que l'on veuille savoir ce qui se cache derrière cette jeune femme. Est-elle malheureuse? Est-elle illuminée? Tout est possible, elle pourrait être en détresse ou tout simplement manipuler William.
Diriger un film et des acteurs avec cette pensée est une exercice fascinant.Il faut jouer avec les apparences, laisser la place au doute.

Qu'est qui vous a attiré chez Bonnaire et Luchini?

Je connaissais déjà Sandrine depuis MONSIEUR HIRE, et j'attendais la bonne occasion pour travailler de nouveau avec elle. Dès que le script fut terminé, elle fut le choix évident. Elle a accepté le rôle sans hésitation. Anna est différente, ambigu�, plus crue. Ce fut l'occasion de découvrir une autre Sandrine. Avec Fabrice Luchini, c'était différent. Je ne le connaissais pas personnellement. Alain Sarde et Christine Gozlan me suggérèrent son nom et j'ai pensé que c'était une bonne idée.

Ce rôle est très différent pour Luchini, plus profond, plus intense ...

Dans le film, il n'est pas très différent de dans sa vie, mais il montre une sorte d'humanité, de fragilité, et des sentiments inattendus. Autant que je sache, nous n'avions jamais vu Sandrine ou Fabrice ainsi.
Quand Sandrine dit des choses très crues, avec une telle confiance et avec un calme angélique, c'est très fort. Elle devient dérangeante. Il n'est pas supposé entendre ce qu'elle dit et son monde est chamboulé, il remet tout en question. Il rentre sans un autre monde, où il n'est plus le maître: c'est le monde des secrets féminins. C'est un des aspects du film qui me fascine le plus.

Sandrine Bonnaire et Fabrice Luchini forment un couple plutôt inhabituel. Comment fonctionnent-ils ensemble?

J'avais l'idée d'un mariage d'opposés. Deux acteurs de familles différentes qui ne sont simplement pas fait pour être ensemble. Si elle avait frappé à une autre porte, ils ne se seraient jamais rencontrés! C'est le sujet du film! Anna n'aurait jamais dû rencontrer William et inversement.

Votre film joue sur l'attente des deux personnages.

C'est ce qui fait que c'est un thriller sentimantal. Mystère, incertitude, peur, doute et suspens, le tout construit autour des émotions. Je n'ose pas dire que c'est une histoire d'amour car c'est plus pervers, plus a-typique, et platonique.
J'aime retarder les espérances. Pour moi, ce qu'il y a de plus beau dans le film, ce qui est le plus touchant, c'est le prélude, ce qui est "avant". Ce n'est pas de la pruderie, c'est simplement le fait d'être attentif, de respecter, de retarder le "moment où...". Dans ce cas, une forme de désir flotte; une sorte de trouble s'installe. On devine le moment où ils tombent amoureux.

Il y a de forts personnages secondaires.

J'avais déjà travaillé avec Michel Duchaussoy dans LA VEUVE DE SAINT PIERRE et je fus heureux de travailler à nouveau avec lui...Le rôle de psy lui a bien plu. Plus que n'importe qui, j'aime bien Anne Brochet. Son caractère, Jeanne, n'était pas facile. Elle est incroyable. Hélène Surgère joue le rôle de Madame Mulon, la secrétaire fidèle du fils de son premier patron. Elle apporte un caractère maternel au film.
Le caratère joué par Gilbert Melki (le mari d'Anna), est très important car Anna en parle tout le temps, même s'il n'apparaît que dans deux scènes. Il n'a pas le droit à l'erreur en tant qu'acteur. Gilbert Melki fut exemplaire. Je me rappèle d'un moment où il était sombre, profond et cependant fragile.

Interview avec Sandrine Bonnaire

Quand avez-vous pris connaissance du projet pour la première fois?

Je travaillais sur le film LA MAISON DES ENFANTS en Juillet 2002, et lorsque je suis rentré chez moi, J'avais une lettre de Patrice. J'ai immédiatement reconnu son écriture, à l'encre rouge.

Nous nous sommes rencontrés et il m'a donné le script à lire. Il n'a pas dit un mot. Je l'ai lu rapidement et je suis tombée amoureuse de l'histoire tout de suite. Jérôme Tonnerre est un auteur plein de talent, fin et drôle. Il sait transmettre l'émotion sans être mordant. Le rôle m'a beaucoup plu.

Vous n'aviez jamais tourné avec Fabrice Luchini auparavant. Comment cela s'est-il passé?

Nous nous étions déjà brièvement rencontrés. Ma soeur, qui est designer, a fait déjà cinq films avec lui et m'en a beaucoup parlé. J'avais l'impression de le connaître même s'il aime jouer avec les apparences.

J'ai vite réalisé quel acteur talentueux il était.

Comment avez-vous abordé le côté mystérieux de votre personnage?

C'était un des aspects fondamentaux de mon rôle. Quand je lisais le script, je me demandais si Anna était perverse ou simplement perdue. Avec Patrice, nous avons approché le film sous deux angles. Il y avait le côté joueur et manipulateur. Mais nous avons parlé aussi du désir. Son mari ne la désire plus et elle trouve un homme qu'elle séduit. Cela la renforce et elle en profite. Ce n'est que plus tard qu'elle perd le contrôle de la situation, renversée par ses propres sentiments. Cela m'a permit de prendre de la distance et de créer un certain mystère. Malgré son ambigu�té, Patrice voulait en faire quelqu'un de sympatique. C'était important de la montrer fragile, un peu comme un enfant, afin de justifier le fait que William l'écoute et veuille l'aider.

Son ambigu�té se retrouve tout le long du film. Pouvez-vous nous en dire un peu plus?

Tout dans son attitude révèle un voyage intérieur. Elle évolue. Cela se sent dans son comportement, ses habits, son attitude. Plus elle est impliquée dans cette relation plus elle se révèle et devient radieuse. Elle porte des couleurs vives, enlève ses gants, se défait de son imperméable... Elle se dévoile.
Le rituel des rencontres est important. A chaque fois, on change de niveau, et on avance dans l'intrigue. Chacun des protagonistes a un enjeu. (...)
Quand elle dit "Ca me dégoûte. Vous savez tout de moi et je ne sais rien de vous. Je pourrais vous tuer." - c'est une référence à MONSIEUR HIRE quand il dit "je pourrais vous dénoncer"- elle aurait vraiment pu le faire! Elle a peut-être un pistolet dans son sac.

Votre caractère parle beaucoup, parfois de façon très directe, souvent en utilisant un langage vulgaire. C'est tout à fait nouveau pour vous.

Lorsque je lisais le script, je pensais que le rôle serait difficile. Je n'ai pas l'habitude d'un langage vulgaire et j'avais peur de rougir. Mais le texte n'était pas écrit pour choquer. Son caractère se nourrit de ce contraste. Anna est plutôt na�ve et modeste.

Comment avez-vous travaillé avec Patrice Leconte?

Patrice et moi avons la même façon de travailler. Il ne fait pas de long discours. Il est instinctif. Il sait être précis sans tout analyser pendant des heures. Il partage son enthousiasme et possède un vrai savoir-faire. Il sait exactement ce qu'il peut demander aux acteurs. Son atoût est de savoir organiser la rencontre entre le comédien et le rôle à jouer, et entre les comédiens entre eux. Et il sait le filmer. (...)

Qu'avez-vous appris avec ce film?

Le plaisir et l'excitation de l'expérience. Aussi, bien que cela soit un peu tôt pour le dire, le film donne de l'espoir. C'est un film printanier. Un film de renouveau et de découverte. Il y a plusieurs prises de vue où quelque chose de lumineux émerge de la vision de Patrice et de la photographie de Eduardo Serra. Ils m'ont même fait aimer les gros plans. Le sujet du film favorisait cette approche, mais ce ne fut pas facile.
Anna restera un rôle fétiche pour moi. A la fin du tournage, j'étais un peu triste de dire au revoir à ce caractère. J'étais bien avec elle et William. Ce film est unique.

Interview avec Fabrice Luchini

Que pensez-vous du film?

Je suis incapable de le juger, mais j'ai vu Sandrine Bonnaire. Ce film a du succès pour les mêmes raisons que les films soit-disant d'action ont du succès avec leurs poursuites de voitures, leurs bagarres et leurs scènes d'amour. Il y se passe des tas de choses et personnes ne fait rien! Confidences Trop Intimes est aussi excitant qu'un thriller, aussi érotique que si les acteurs étaient nus.
La qualité du film vient du fait qu'il y a toujours un certain mystère. Sandrine Bonnaire n'est jamais nue, mais toujours désirée. On ne voit pas de scènes d'amour, mais on ressent une grande sensualité.
Comment cela s'est-il passé avec Sandrine Bonnaire ?

Sandrine est une grande actrice. Son intuition est forte et juste. Elle rayonne sur son partenaire. Elle donne beaucoup d'elle-même lorsqu'elle joue. Le film est une rencontre face à face, il n'y a pas de dérobade. Nous nous sommes épaulés l'un l'autre.

En regardant le film, on oublie qui joue les rôles et on est absorbé par le rencontre des deux personnages. Comment cela est il arrivé?

A ce propos, Sandrine m'a impressionné. Je lui ai dit souvent. Avoir atteint cet état de grâce est rare. Si on le dit trop souvent, les mots perdent de leur sens. Mais Sandrine est vraiment sublime.
En ce qui me concerne, le rôle que j'avais était complètement différent de ce que j'ai pu faire auparavent. J'ai souvent des rôles qui demande d'être brillant, éloquent, bizarre, humouristique, d'avoir de la répartie . Ici c'était différent. Le rôle m'a plu, et puis j'étais avec une vraie actrice.

Vous semblez minimisé votre rôle. Ce film est à propos d'une rencontre. Si l'un des caractère n'est pas impliqué, alors la rencontre échoue.

Le film est un cadeau. Il ma' donné la chance d'interprêter un rôle qui demandait de savoir écouter, de façon active et réactive.
Dans ce film, Leconte réussi à capturer bien plus que le travail d'une actrice. Il saisit des sentiments, une alchimie. Je ne ferai pas de discours. Jouer un rôle au théâtre ou au cinéma me force à avoir des points de vue pragmatiques. Qui est cette personne? Sur quoi devons-nous nous concentrer? Comment doit être le personnage, le caractère? Pour Sandrine et moi, c'était le caractère qui importait. Nous avons joué et Leconte l'a filmé.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas sur le site tant qu'un administrateur ne les aura pas approuvés.

:

Vous pouvez recharger le captcha en cliquant dessus