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Les Bleus éliminés sans gloire
Battue par l’Espagne (2-0), l’équipe de France quitte l’Euro 2012 au terme d’un match morose. Rapidement menés, les joueurs de Laurent Blanc n’ont jamais été en mesure d’inquiéter les champions du monde et d’Europe en titre, qui affronteront l’Italie en demi-finale.
En trois matches, les Bleus auront connu toutes les émotions que le football peut offrir. L’euphorie d’une victoire acquise de haute lutte face à l’Ukraine, la honte du désastre suédois, et en guise de final, la frustration d’une défaite sans gloire contre l’Espagne. Et c’est avec ce dernier sentiment que les Bleus vont quitter l’Ukraine après leur élimination.
Frustration, parce que les joueurs de Laurent Blanc n’ont pas été aussi dominés que l’écart de niveau sur le papier ne le laissait penser. On attendait une corrida, un festival de possession de balle en faveur des champions du monde en titre, devant des Bleus incapables de se saisir des débats. Ce ne fut pas le cas. Jamais les Espagnols n’avaient aussi peu tiré au but. Jamais ils n’ont aussi peu dominé une rencontre. Jamais ils n’ont aussi peu eu le ballon.
L’ennui, et finalement le plus humiliant, c’est que les joueurs de Vincente del Bosque n’ont en fait pas eu besoin de conserver le ballon, ni de forcer leur talent, pour disposer d’une Equipe de France plus valeureuse que face à la Suède, mais trop impuissante sinon insuffisante.
La mine des joueurs de la Roja à la sortie du terrain, à peine contents, comme si le devoir avait été accompli trop facilement, en dit long sur la piètre qualité du match entre les deux équipes, et la faible opposition proposée par les Bleus.
On espérait du panache, du rythme, de l’agressivité, pour éloigner les fantômes de Knysna que l’on voyait resurgir après la claque suédoise. On a surtout vu des Bleus timides, Laurent Blanc alignant huit joueurs à vocation défensive, pour bloquer toutes les tentatives espagnoles.
Principale illustration : le couloir droit français, où deux défenseurs de formation étaient titularisés, pour bloquer Iniesta. Une trouvaille tactique, mais un fiasco retentissant, puisque Debuchy et Réveillère sont coupables sur les deux buts espagnols.
En fait, les Bleus ont fait illusion 18 minutes. Pas plus. Le temps pour les solistes Espagnols de se mettre dans la tempo. Sur sa seule accélération du match, Iniesta, pourtant transparent, accélérait et glissait pour Jordi Alba dans le dos de Réveillère et de Debuchy, avant que Xabi Alonso, seul au second poteau, ne transperce Hugo Lloris d’une tête croisée.
Le but aurait du réveiller les Bleus, les convaincre de se jeter corps et âmes dans la bataille, quitte à mourir les armes à la main, mais la tête haute. Il n’en fut rien. Trop empruntés, trop imprécis, trop brouillons, les Français n’ont jamais pu, ni su, changer de rythme. Même en deuxième période, alors que les secondes s’égrenaient et que, petit à petit, l’exploit s’éloignait.
S’en remettant trop souvent aux seuls Karim Benzema et Frank Ribéry, les joueurs de Laurent Blanc ont sans cesse butté sur le premier rideau défensif Espagnol, bien organisé autour de Xabi Alonso et de Sergio Busquets. Et c’est le premier nommé, auteur d’un doublé, qui tuait le match sur un penalty sifflé contre Anthony Réveillère.
Meilleure que face à la Suède, l’équipe de France a cerné ses limites en même temps qu’elle observait d’un peu plus près ce qui fait le sel des grandes sélections nationales : confiance, maîtrise, solidarité. Un constat presque humiliant pour les joueurs, qui, à l’exception notable de Samir Nasri, auteur d’une nouvelle attaque contre un journaliste, ont tenté de garder la face. Dignes, mais pas dupes. Et frustrés.
Espagne – France : 2 - 0
Espagne : Casillas, Aberloa, Sergio Ramos, Piqué, Jordi Alba, Xabi Alonso, Busquets, Xavi, David Silva, Fabregas (Torres, 66), Iniesta (Cazorla, 84)
France : Lloris, Réveillère, Rami, Koscielny, Clichy, Debuchy (Ménez, 63), M’Vila (Giroud, 80), Cabaye, Malouda (Nasri, 62), Ribéry, Benzema
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